17 mar. 2014

Visite d'atelier iconographique à l'occasion du dimanche de l'Orthodoxie


A l'occasion du dimanche de l'Orthodoxie et de la mémoire du rétablissement des Saintes Icônes - le 9 mars 2014 - une présentation de l'Art de l'Icône a été proposée aux fidèles de la paroisse Tous Saints à Grenoble.

Prenant la forme d'une visite d'atelier iconographique, elle abordait tant les aspects techniques de cette activité que sa réalité comme voie spirituelle.

Quelques textes: Prière de l'iconographe, Règle de l'iconographe, Canons du concile des «100 chapitres» (Moscou 1551), Ecrits concernant les Vies des Saints Iconographes, évoquaient les dispositions requises de celui qui tente de manifester la gloire du Dieu-Homme par le moyen de l'art iconographique.

Toutes sortes de matériaux, d'outils, de documents présentaient ensuite divers points plus techniques de cet art:
  • Le choix des bois et la préparation des planches. Dimensions et proportions, creusage de l'arche[1], encollage, entoilage, pose du levkas[2].
  • Le dessins, rythmes et proportions à l'aide de quelques schémas du Maître Bernard Frinking[3]. 
  • Les pigments et leur éventuelle préparation, pigments naturels[4] (terres et roches broyées, matières organiques végétales ou animales) ou synthétiques. 
  • La dorure qui permet de créer le fond à la fois lumineux et obscur (or bruni) où se manifeste la Présence. 
  • La technique de la tempéra à l'oeuf, ses outils, ses média, et sa mise en œuvre à travers un exercice montrant la succession des différentes étapes.

Pour terminer quelques icônes illustraient une citation de Photis Kontouglou[5]:
"L’iconographe n'est pas simplement un artiste qui crée une image illustrant des thèmes religieux, mais il a une dignité et un diaconat spirituels qu'il effectue dans l'Eglise tout comme le prêtre et le pasteur".

Cette présentation avait le désir de montrer que par son art, exercé dans la prière et l'ascèse, l'iconographe donne une dimension spirituelle à tous les éléments, minéraux, végétaux ou animaux, qu'il puise dans le créé; en faisant jaillir de cette matière la lumière et la beauté il la transfigure et la fait participer à la gloire de Celui qui est représenté.

[1] Arche: par ce nom on désigne la cuvette creusée de quelques millimètres, dans laquelle vient s'inscrire l'icône.

[2] Levkas: enduit à base de colle de gélatine et d'une charge (craie ou poudre d'alcbâtre) qui sert de support à la peinture.

[3] Bernard Frinking: Laïc orthodoxe, il a consacré la plus grande partie de sa vie à l'iconographie et à l'approche de la Parole de Dieu par la mémorisation de l'Evangile. Disciple de Léonide Ouspensky qui fut l'un des artisans du renouveau de l'icône au XX° siècle. Il réside maintenant près du monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Solan (Gard)

[4] Pour autant qu'il est possible on utilise dans la peinture d'une icône que des matériaux vrais et naturels, cependant les pigments naturels sont rares et chers et les pigments de synthèse sont égalements utilisés.

[5] Photis Kontouglou (1895-1965): iconographe et théologien grec, comme L. Ouspensky et P. Grégoire (Kroug) en occident, il fut à l'origine de la restauration en Grèce de l'iconographie traditionnelle.


LA VIE DE L'ICONOGRAPHE



Le chapitre 43 du Stoglav (Concile des cent chapitres) prescrit que pour être iconographe il est nécessaire d'être «humble, doux, respectueux, ne point s'adonner au vain bavardage, ni à la dérision, n'être ni querelleur, ni envieux, n'être pas buveur, ni voleur, ne pas être un meurtrier; mais être vertueux d'esprit et de corps ayant la crainte de Dieu; les peintres doivent fréquemment aller vers les pères spirituels et les consulter en toutes choses, mettre en pratique et suivre leur exhortations et pour mener une vie dans le jeune, la prière et l'abstinence dans l'humilité.»

Ce sont là des prescriptions établies assez tard (millieu du XVI siècle) dont certaines semblent plus qu'évidentes. On peut grâce à divers documents (chroniques, vie de saints, etc.) connaître la vie des anciens iconographes: vie de prière, d'ascèse, de contemplation. Selon un auteur ancien Théophane le Grec, un maître du XIV° siècle «concevait par son esprit le lointain et le spirituel car, de ses yeux charnels éclairés, il voyait la beauté spirituelle» et parlant d'André Roublev et de ses compagnons, Saint Joseph de Volokolamsk disait: «Ces merveilleux et célèbres iconographes Daniel, son disciple André et beaucoup d'autres qui leur étaient semblables, avaient une telle vertu et un tel zèle pour le jeûne et la vie monastique qu'ils purent recevoir la grâce divine; ils élevaient constamment leur esprit et leur pensée vers la lumière immatérielle et divine et leur œil charnel vers les images peintes avec des couleurs matérielles du Christ Seigneur, de sa très pure Mère et de tous les saints. »


REGLE DE L'ICONOGRAPHE


  • Avant de commencer ton travail, fais ton signe de croix, prie en silence et pardonne à tes ennemis.
  • Signe-toi à plusieurs reprises durant le travail afin de te fortifier physiquement et spirituellement, évite les paroles inutiles et garde le silence.

  • Prie spécialement le Saint dont tu peins le visage, garde-toi de la distraction (tu verras combien cela est difficile) et le Saint sera prés de toi.
  • Accomplis soigneusement chaque détail de ton icône, comme si tu travaillais devant le Seigneur lui-même.
  • Lorsque tu choisis une couleur, étends tes mains intérieures vers le Seigneur et demande-lui conseil.
  • Ne sois pas jaloux du travail de ton voisin, son succés est le tien.
  • Ton icône terminée, rends grâce au Seigneur de ce que sa miséricorde t'ait accordé la possibilité de peindre les Images Saintes.
  • Fais bénir ton Icône en la déposant sur l'autel lors d'une liturgie. Sois le premier à prier devant elle avant de la donner.
  • N'oublie jamais: La joie de répandre les Icônes dans le monde, la joie du travail le l'iconographe, la joie de donner au Saint de rayonner à travers son Icône, la joie d'etre en union avec le Saint dont tu as pein le visage.
  • N'oublie pas que si tu ne sais pas prier, Dieu t'a donné le don de le prier avec tes mains.

 

 PRIERE DE L'ICONOGRAPHE


SEIGNEUR JESUS CHRIST, NOTRE DIEU

TOI qui possèdes une nature divine et sans limites et qui a pris un corps dans le sein de la Vierge Marie pour le salut de l'homme,
 
TOI qui a imprimé les traits saints de ton visage immortel sur un saint voile qui a servi à guérir la maladie du roi Abgar et à éclairer son âme pour la connaissance du vrai Dieu,

TOI qui a illuminé de ton Saint Esprit ton divin apôtre et évangéliste Luc afin qu'il put représenter la beauté de ta Mère très pure qui t'a porté, petit enfant, dans ses bras et qui disait "La Grâce de celui qui est né s'est répandue sur les hommes"

TOI, MAITRE DIVIN DE TOUT CE QUI EXISTE,
 
ECLAIRE ET DIRIGE mon âme, mon coeur et mon esprit, conduis mes mains afin que je puisse représenter dignement et parfaitement ton image, celle de ta très Sainte Mère et celle de tous les saints pour la gloire, la joie et l'embellissement de ta très sainte Eglise
 
PARDONNE les péchés de tous ceux qui vénèreront ces icônes et qui, se prosternant devant elles, rendront honneur au Modèle qui est dans les cieux
 
SAUVE-les de tout influence mauvaise, et instruis-les par de bons conseils par les prières de ta très sainte Mère, de l'illustre apôtre et évangéliste Luc, et de tous les Saints

AMEN

Denys de Fourna d'Agrapha (iconographe du Mont Athos)

 

 

PREPARATION DES PLANCHES


 
 I- Le Choix du Bois: Le bois doit être sec, (séchage à l'air de préférence), exempt de tout défaut (nœuds, fissures, résine)

Le fil doit être droit, rejetter les planches voilées ou cintrées.

On peut choisir des bois feuillus comme le tilleul, le peuplier, ou certains résineux par exemple le cyprès ou le cèdre. D'autres bois peuvent être utilisés: le bouleau, le hêtre, l'aulne. Les bois tendre sont souvent plus stables que les bois durs. Pour les grands formats, si on veut éviter les assemblages, qui évoluent dans le temps, il faut utiliser les bois exotiques.

II- Proportions de la planche: Elles varient de 1/3 pour des figures en pied à 4/5, sans jamais atteindre le carré (1/1)

III- Le creusage: Traditionnellement la planche est creusée en cuvette (arche), les dimensions obéissent à des proportions qui ont varié au cours du temps. Le creusage doit être effectué sur la face qui se trouve la plus proche du cœur de l'arbre, pour tenir compte de la déformation possible de la planche. On utilise habituellement des outils manuels (cutter, ciseaux et gouges) pour faire ce travail; certains se servent d'une défonceuse.



 

LA POSE DE L'ENDUIT – LEVKAS


La planche préparée et creusée on griffe sa surface avec une pointe pour la rendre rugueuse et assurer l'adhérence des couches suivantes, on étend sur la planche une couche d'encollage (colle de peau, gélatine) qui doit sécher pendant 24 heures.

On colle ensuite une fine toile, avec le même encollage, elle sert de lien entre le bois et l'enduit assurant sa stabilité et limite les risques de fissuration du bois.

Sur la planche entoilée on applique un enduit fait de colle et d'une charge: poudre d'albâtre, de marbre ou craie fine, l'enduit est réchauffé pour être appliqué. Plusieurs couches sont nécessaires (jusqu'à douze), en raclant l'excès entre chaque couche. Une succession de couches fines confère à l'enduit une plus grande durabilité.

En fin de processus on obtient une surface blanche, lisse, homogène, exempte de défaut.

Si des parties doivent être dorées (fond ou nimbes), à ce stade on applique aux enplacements correspondants un mélange de terre rouge et de colle appelé Bol d'Arménie qu'on polit et sur lequel est déposée une feuille d'or d'une extrème finesse. C'est une technique délicate qui exige beaucoup de dextérité et de soin et s'acquiert par une longue pratique.

 

LES PIGMENTS



Ce sont les matières colorantes utilisées pour la peinture. Autant que possible le peintre d'icones utilise les pigments naturels traditionnels. La plupart sont connus depuis l'Antiquité (Egypte, Grèce, Rome).

  • La majorité d'entre eux est d'origine minérale - ce sont des terres ou des roches intensemment colorées:

Les Terres:

Jaune: Ocres, terre de Sienne....
Rouge: Naturelles ou obtenus par calcination des terres jaunes (ocre jaune calcinée en ocre rouge)
Brun: Terre d'ombre (naturelle ou calcinée)
Vert: Terre de Vérone, Terre de Chypre.

Les Roches:

Blanc: Craies, Gypse, Cérusite (carbonate de plomb très tôt obtenu par synthèse, toxique).
Jaune: Orpiment - très toxique, composé d'arsenic.
Orangé: Réalgar - très toxique, composé d'arsenic.
Rouge: Vermillon naturel ou cinabre - toxique.
Bleu: Lapis-lazuli d'Afghanistan, Azurite.
Vert: Malachite (Russie, Chine, Afrique), Volkonskoïte (Russie)

  • Quelques uns sont d'origine organique - tirés du monde végétal:

Jaune: Safran, Curcuma, Gaude
Rouge: Garance, Bois du Brésil,
Bleu: Indigo, Pastel.
Vert: Vert d'iris, vert de vessie.
Noir: Noir de vigne, Noir de noyau de pêche (par calcination).

  • Plus rares sont ceux d'origine animale:

Jaune: Jaune indien.
Rouge: Kermès, Cochenille.
Pourpre de Murex dont la couleur varie du bleu violacé au rouge violacé.
Noir: Noir d'ivoire (par calcination).

Depuis le XVII° siècle, l'homme par son industrie a enrichi cette palette de nombreuses nuances, mais qui n'ont pas toujours la beauté des pigments naturels.

 

LA TEMPERA A L'OEUF



Différentes techniques peuvent être utilisées pour réaliser une icône: peinture, gravure, sculpture, métal repoussé, mosaïque.

Le média par excellence est cependant la tempera à l'œuf. Cette technique de peinture, transmise à Byzance par l'Antiquité (avec celle de l'encaustique qui fut utilisée au début de la peinture d'icônes), a été adoptée pour sa capacité inégalée à exprimer le message iconographique.

Elle utilise des pigments, naturels autant que possible, broyés avec un liant composé de jaune d'œuf et d'eau à parts égales auquel on ajoute des ingrédients variables selon les lieux pour améliorer sa conservation (vinaigre, bierre, kvas).


Elle permet la superposition de couches picturales (en respectant un bref délai de séchage), ces couches sont fines et d'une certaine transparence; on procède par éclaircissements successifs: les surfaces de plus en plus réduites reçoivent des taches de plus en plus claires jusqu'au derniers accents de lumière presque blancs.

Cette montée de l'ombre vers la lumière a une portée symbolique très forte, évoquant l'illumination progressive du croyant, elle montre le caractère intérieur de la lumière qui éclaire le visage de la personne représentée.

L'inscription du nom et de ses compléments achève la réalisation de la peinture.

Après un temps de séchage convenable, l'icône reçoit une couche d'olifa, vernis à base d'huile, cuite avec des résines ou des matières siccatives qui pénètre lentement la couche picturale lui assurant stabilité et solidité et lui conférant une transparence accru et un éclat satiné mais non brillant.



LE MINISTERE DE L'ICONOGRAPHE

"L’iconographe n'est pas simplement un artiste qui crée une image illustrant des thèmes religieux, mais il a une dignité et un diaconat spirituels qu'il effectue dans l'Eglise tout comme le prêtre et le pasteur".
Photis Kontouglou
Par son art l'iconographe transfigure le créé, la terre, la roche, le bois, tous les éléments du monde matériel, minéraux, végéraux, animaux, avec lesquels, dans la prière, il réalise l'image du Dieu-Homme et de tous ceux qui reflètent cette image par leur sanctification: la Très pure Mère de Dieu et tous les saints. En faisant jaillir de la matière la lumière, il la spiritualise et la sanctifie. Par l'image peinte il témoigne de l'incarnation du Verbe et de la destinée de l'homme, apppelé à la divinisation, réalisée dans les saints. «En effet, de même que le fer qui s'unit au feu devient feu non par la nature, mais par l'union, l'inflammation et la participation, de même ce qui est divinisé devient Dieu non par nature mais par participation. Je ne parle pas ici de la chair du Fils de Dieu qui s'est fait chair, car celle-ci a été divinisée par l'union selon l'hypostase et par la participation à la nature divine, sans changement, ointe non par la puissance divine, comme l'a été chacun des prophètes, mais par la présence totale de celui qui oint. Les saints sont des dieux par la divinisation

St. Jean Damascène – Premier discours contre ceux qui rejettent les images. 










6 mar. 2014

Hirotonia intru diacon a lui Jean-Pierre Gerin in Parohia ortodoxa romana "Toti Sfintii", la Grenoble


Duminica, 9 februarie 2014, Parohia "Toti Sfintii" din Grenoble s-a bucurat de prezenta Preasfintitului Marc Nemteanul, a Parintelui Protopop Marc Antoine Costa de Beauregard, precum si a numerosilor crestini veniti din toate colturile Frantei, cu ocazia hirotoniei intru diacon a lui Jean-Pierre Gerin. Iata, dar, o particularitate a acestui eveniment, si anume, reprezentarea la rang de episcop, preot si diacon a unei prezente franceze a clerului, in cadrul Mitropoliei Ortodoxe Romane a Europei Meridionale si Occidentale. Aceasta este o marturie a faptului ca ne simtim infratiti si uniti intru Duhul Sfant, care ne face pe toti cetateni ai Ierusalimului ceresc.

Parintele Ioan Caputan, ca o voce a intregii parohii din Grenoble, a propus Inaltpreasfintitului Iosif, acum cativa ani, ca Jean-Pierre sa fie hirotonit diacon, ca o incununare a daruirii lui neobosite in viata parohiei. Asa cum a spus PS Marc in cuvantul tinut cu aceasta ocazie, "faptul ca Parohia a ales pe cineva, pentru a sluji ca diacon, arata ca s-a ajuns la un grad de maturitate" al intregii comunitati. O maturitate duhovniceasca, care presupune o angajare si o servire mult mai responsabila in numele lui Hristos.

Atat pentru Jean-Pierre, cat si pentru sotia lui, Françoise, este o "fericita nebunie", dupa cum a explicat PS Marc. De ce? Pentru ca "ajungand la o varsta cand cea mai mare parte dintre oameni se retrag pentru a profita putin, pentru a avea timp sa citeasca, sau sa aibe grija mai mult de casa lor", ei au ales ca, din contra, sa nu se opreasca si sa slujeasca in continuare. Caci, "cand iubesti, nu exista moment de retragere. Poate fi o iesire la pensie, o retragere, din dragoste? Poate fi o retragere din daruirea de sine? Parohia a stiut sa discearna si sa vada in ei aceasta capacitate, iar ei au acceptat sa se daruiasca".

Hirotonia lui Jean-Pierre este si un raspuns la chemarea lui Hristos. Acest dialog a inceput printr-o cautare mai asidua in 1972, cand Jean-Pierre asista la fondarea comunitatii catolice "Schimbarea la Fata", de rit bizantin, de catre diaconul Jaques Langhart, devenit mai tarziu Arhimandritul Jacob de la Manastirea Cantauque. Ca membru al acestei comunitati pleaca in 1975 impreuna cu sotia sa, in Israel, la Aïn Karem langa Ierusalim, pentru a pune bazele unui centru de formare. In aceasta perioada il cunosc pe Parintele Sofian Boghiu care le va ramane in amintire prin chipul sau deosebit de luminos si bland, precum si pe Fratii Morosan, Mihai si Gavril, iconografi ce au pictat biserici in Tara Sfanta, dar si in alte locuri renumite, printre care fiind si Manstirea Putna. Dupa intoarcerea lor in Franta, in 1977, Jean-Pierre incepe sa participe la cursuri tinute la Institutul ortodox "Saint Serge" din Paris si, in paralel, studiaza iconografia cu Bernard Frinking, ucenic al cunoscutului Leonid Uspensky. Intalnirea din 1978 cu Parintele Placide Deseille, care tinea conferinte la Mongeron dupa slujba de duminica, face ca tanara familie sa se indeparteze de comunitatea "Schimbarea la Fata" si sa se apropie de comunitatile ortodoxe, gasind astfel o manifestare autentica a lui Hristos in viata Bisercii. Astfel in 1981, impreuna cu cei doi copii ai lor, primesc Sfantul si Marele Mir la Manastirea Sfantul Antoine cel Mare din Vercors. De atunci frecventeaza diferite parohii ortodoxe grecesti si participa la Congresul anual al Fraternitatii Justin Popovici, unde ii intalnesc pe ucenicii Sfantului, de origine sarba, deveniti mai tarziu cunoscuti episcopi.

Comunitatea ortodoxa romaneasca au cunoscut-o in mod special inca de la sosirea lor din regiunea pariziana in Isère, la inceputul lui 2005. Cuceriti de smerenia episcopilor nostri, care sunt in mod deosebit apropiati de cei pe care ii pastoresc, de primirea calduroasa si plina de dragoste pe care au avut-o la Grenoble de catre Parintele Catalin Cordos, precum si  de faptul ca Parintele Ioan Caputan, care conduce Parohia din 2007, le-a permis realizarea unor proiecte in cadrul parohiei, lasandu-le un mare grad de autonomie, dar si, in general, de sufletul romanesc deschis si primitor, sotii Gerin au decis sa se ataseze parohiei noastre.

Inca de la inceput s-au remarcat imediat prin implicarea in viata Parohiei "Toti Sfintii" din Grenoble, usa casei lor fiind deschisa ca o marturie a deschiderii inimii, primind pe oricine si gazduind evenimente cu importanta pentru comunitate. Jean-Pierre a reunit cateva persoane din parohie, interesate de iconografie, pentru a lucra impreuna si a progresa in invatarea aceastei arte bizantine. Totodata s-a implicat si in asigurarea unei cantari bizantine in franceza de inalt nivel, urmand cursuri specializate cu Andrea Atlanti, cunoscuta in special prin traducerea si adaptarea imnelor liturgice bizantine in limba franceza. De remarcat este si atentia lor acordata rugaciunii, aplecandu-se in special asupra nevoilor fiecaruia, sau cand diferite evenimente ale vietii isi spun cuvantul.

In rugaciune ne-am strans si noi in aceasta duminica de la inceputul Triodului cand, alaturi de parohia "Toti Sfintii" din Grenoble, au venit fratii nostrii de la Lyon, comunitatea stransa in jurul Manastirii Sfantul Antonie cel Mare din Vercors, familia noului diacon, venita din toate colturile Frantei dar si alte persoane dornice sa ni se alature. Cu totii romani, francezi, greci, de origine maghiara, s.a., ne-am simtit ca acasa, dand marturie totodata ca ortodoxia este cu adevarat Biserica neamurilor.

Pentru toate aceaste binecuvantari, indreptam multumiri mai intai de toate bunului Dumnezeu, Care ne-a strans cu atata dragoste laolalta; Preasfintitului Marc care, inca de cand a venit in ajunul evenimentului, ne-a impartasit bucurie si sfinte binecuvantari; Parintelui Marc Antoine, cu care am putut sta la o adevarata agapa a cuvantului dupa Sfanta Liturghie si care ne-a povestit despre intalnirile pe care le-a avut cu mari Parinti duhovnici ai neamului romanesc precum Dumitru Staniloae, Sofian Boghiu, Benedict Ghius, Paise Olaru, Cleopa Ilie si Paulin Lecca. Am spune un francez cu inima de roman care ne-a vorbit cu simplitate despre rugaciune, dragoste si spiritualitatea poporului roman. Multumiri se cuvin a fi aduse stranei care, prin truda si har a asigurat minunata cantare bizantina, pe de-o parte in limba romana, fiind formata din tinerii parohiei noastre si, pe de alta parte in limba franceza, avand invitati de onoare printre care fiind Andrea Atlanti, Patrick si Antoine Marçais, Paul Serge Ferrier si Manuel Hercenberger. Multumiri Parintelui Ioan impreuna cu toti cei care s-au ocupat de organizarea acestei minunate zile ce s-a incheiat cu o agapa la care bucataria romaneasca s-a etalat cu cele mai imbietoare feluri de mancare gatite in zi de sarbatoare; si, nu in ultimul rand, multumiri familiei Gerin care a acceptat sa se daruiasca pentru a servi comunitatea si, mai inainte de toate, pe Dumnezeu.

Dovada a comuniunii si infratirii omului cu natura, in plina iarna am avut parte de o zi de primavara, in care cerul senin ne-a ramas in suflet si am plecat cu totii spre casele noastre cu soare in inimi, dand slava lui Dumnezeu pentru toate.



***

Predica IPS Marc in Duminica Vamesului si a Fariseului

 


In fiecare an, in apropierea Postului Mare, ascultam o serie de Evanghelii care ne pregatesc pentru a intra in aceasta perioada de primenire sufleteasca. Acum doua duminici am ascultat Evanghelia care ne relateaza intalnirea lui Zaheu cu Hristos, iar duminica trecuta Evanghelia Cananeencei.

Astazi, ascultam o Parabola pe care ne-a spus-o Mantuitorul, cu doua personaje: fariseul si vamesul, sau cel ce strangea impozitul. Fariseul era cunoscut ca cel ce respecta legea. Respect care, cateodata, se facea intr-un mod foarte laudaros. Vamesul era un evreu colaborator cu ocupantii romanii si, nu numai ca lua impozitul de la fratii lui, dar in plus mai pastra si o parte pentru el. Deci era un hot. Fariseul era stimat, adorat, in timp ce vamesul, strangator de impozit, era dispretuit, era de temut dar era si detestat.

De fiecare data cand Domnul ne infatiseaza acest fel de oameni, asta nu inseamna ca imparte omenirea in doua, ca sunt cei care se comporta precum fariseul si cei ce se comporta ca vamesul, adica cei care in mod aparent dispretuiesc pe fratele lor, si cei care, din contra, dau dovada de smerenie. Din contra! Nu vom judeca astfel aici. Ei bine, sunt doua feluri de a trai, prin care fiecare dintre noi a trecut. E vorba de o stare spirituala pe care n-o infatiseaza Mantuitorul aici. Si, putem trece de la o stare spirituala la alta.

Ceea ce vrea Mantuitorul sa ne dea in aceasta Evanghelie este cheile pentru a intra in Imparatia Cerurilor, adica felul in care putem sa ajungem in comuniune deplina cu Dumnezeu, de a deveni noi insine dumnezei prin har. Si ne da modalitatea prin care putem sa cercetam sufletul nostru, sa vedem in ce fel traim, si sa discernem putin ceea ce se intampla in inima noastra.

Pe de-o parte este fariseul, omul care intra in templu si se roaga intr-un fel destul de corect, caci zice: "iti multumesc". Deci, el incepe printr-un act de multumire dar, imediat, vedem ca aceasta nu serveste la nimic, deoarece urmeaza o condamnare si o dispretuire a fratilor sai: "iti multumesc pentru ca sunt diferit de toti acesti hoti, adulteri, ... si mai ales nu sunt precum acest om care-i acolo, in spate, si-i absolut de dispretuit". Fariseul ar fi putut sa spuna: "Doamne, iti multumesc pentru ca inima mea este inclina spre adulter, hotie, mandrie, dar Tu mi-ai permis sa nu cad in aceste pacate". Dar nu, el de fapt isi aduce multumiri siesi: "iti multumesc pentru ca eu sunt cineva extraordinar, sunt superior...". 

Pe de alta parte este si acest om dispretuit de toti, care isi pleaca capul si spune: "Doamne, miluieste-ma, pe mine, pacatosul".

Primul este orb, caci nu-si da seama de starea lui spirituala, iar cel de-al doilea, din contra, spune: "Doamne, sunt pacatos!" si, "fiind pacatos, iata vin inaitea Ta, caci Tu singur poti sa ma vindeci". Vedeti, vamesul are constiinta pacatului sau, ceea ce nu se intampla cu fariseul, care este admirat  de toti. El, care este dispretuit de toti stie exact care este starea lui spirituala.

Nu cumva ne amintim aici de o rugaciune pe care o spunem in timpul Postului Mare, cea a Sfantului Efrem Sirul? In aceasta rugaciune cerem: Doamne, "da-mi sa vad greselile mele, si sa nu osandesc pe fratele meu". Si asta pare foarte curios sa o spunem intr-o societate care are tendinta, si nu numai tendinta, ci chiar ne impinge sa ne facem un "chip frumos", sa ne ascundem defectele, sa aratam o fatada si ca ceea ce facem este eficient, demn de admirat. Asadar, in aceasta societate este incredibil sa ajungem sa cerem sa ne vedem greselile noastre. Insa trebuie sa ne dam seama ca a vedea greselile noastre este un dar pe care ni-l da Dumnezeu. De fapt, un bolnav cum poate sa cera sa fie vindecat daca nu are constiinta boli sale? E cazul fariseului, care este bolnav si nu o stie, in timp ce vamesul stie ca este bolnav si se duce sa vada Medicul: "Doamne, sunt bolnav, Tu singur poti sa ma vindeci".

Si, vedeti, acest cuvant de pocainta pe care l-am pastrat in Biesrica: Doamne, Iisuse Hristoase, Fiul lui Dumnezeu, miluieste-ma pe mine pacatosul!", nu este doar o rugaciune, pe care o spunem asa, in mod repetitiv, ci este constiinta care ne permite incetul cu incetul sa distingem o lume launtrica, sa vedem indepartarea noastra de Dumnezeu. Si aceasta face parte din varstele spirituale caci avem o maturitate spirituala cand avem constiinta indepartarii noastre de Dumnezeu.

Si suntem tristi de timpul pierdut, dar nu trebuie sa fim coplesiti intr-un fel morbid, zicand: "am pacatuit intr-atata incat sunt nedem de Dumnezeu, si pana la urma nu mai are rost sa vin la biserica". Asta nu este pocainta, ci este doar o invinuire. Nu are nimic de-a face una cu alta. Invinuirea nu are o valoare spirituala. Pocainta inseamna sa fim constienti de pacatele noastre si sa le depunem aici, in fata lui Dumnezeu, zicand: "Iata, Doamne acesta sunt eu, aceasta este starea pe care mi-ai permis sa o vad, starea mea launtrica bolnava, pe care o depun inaintea Ta. De la Tine astept vindecarea". Fara complezenta in ceea ce ma priveste si fara invinuire, in acelasi timp - pocainta nu inseamna aceasta. Aicea nu suntem in legalism, in judecata. Si vedeti ca Domnul, daca ne da aceasta modalitate de evaluare a starii launtrice, este din dragoste. Pentru ca noi am pierdut destul de mult timp. Pacatul ce este? Este timp pierdut, este alegerea unei alte tinte decat Domnul, este indepartarea de Cale pentru alte scopuri. Si Domunul ne spune: "Iata, in acest fel ti-ai pierdut timpul. Ajunge!". Si: "nu Te judec pentru ca te-ai indepartat" - iar asta o sa o vedem saptamana viitoare prin Parabola Fiului risipitor. Astazi incepe mantuirea noastra. Nu este judecata fata de ceea ce am facut alta data, ajunge sa spunem: "Pana astazi, Doamne am pierdut destul de mult timp, si iata cum l-am pierdut. Tu singur Doamne poti sa ma vindeci, permite-mi sa intru in comuniune cu Tine." Dumnezeu sa ne ajunte cu harul Sau, acum si pururea si in vecii vecilor. Amin!

***

Cuvantul tinut de PS Marc Nemteanul cu ocazia hirotoniei intru diacon a lui Jean-Pierre Gerin

 


Vrem sa-i multumim diaconului Jean-Pierre si lui Francoise pentru ca, ceea ce faceti acuma este o nebunie. Nu puteam sa va spun asta inainte, dar este o fericita nebunie. Ati ajuns la o varsta la care cea mai mare parte dintre oameni se retrag la pensie pentru a profita putin, pentru a avea timp sa citeasca, sau sa aibe grija mai mult de casa lor. Voi, in schimb, faceti altfel. Nu va opriti, ci, din contra, vreti sa slujiti. Este un lucru care pare ciudat pentru cea mai mare parte dintre oameni care au aceasta falsa intelepciune, atat de rezonabila si fada, ca incepand cu o anumita varsta trebuie sa te retragi. Aceasta inseamna a iesi la pensie, sa te retragi. Dar, cand iubesti nu exista moment de retragere. Poate fi o iesire la pensie, o retragere din dragoste? Poate fi o retragere din daruirea de sine? Parohia a stiut sa discearna si sa vada in voi aceasta capacitate, iar voi ati acceptat sa va daruiti.


 Ceea ce am facut astazi a fost manifestarea alegerii Parohiei, a celui care o pastoreste si a a vostra, a amandorura. Ati auzit ca am cantat: "Sfintilor mucenici" deci, in plus, nu numai ca va dam de lucru, ci va oferim martiriul. Ce inseamna asta? Inseamna ca in mod particular renuntati la voi insiva. Si ceea ce ati facut pana acum, servind Parohia, servind familia voastra, iubind copiii vostri, aceasta se va face intr-un mod oficial. Adica, acuma, Biserica a vazut aceste calitati pe care le aveti, aceasta capacitate de daruire si v-a chemat sa serviti prin hirotonia intru diacon a lui Jean-Pierre. Deci, nu se poate sa ne retragem atunci cand daruim sau iubim, insa de astazi veti manifesta mai abitir, aceasta daruire de sine. Si vorbesc amandorura, pentru ca unul fara altul nu puteti face nimic - aceasta daruire pentru Parohie, pentru familie, si pentru Domnul.

Ma bucur de aceata capacitate pe care o aveti de a darui fara sa asteptati nimic in schimb, si care este asemanatoare cu cea a Domnului, Care S-a daruit pana la sfarsit, fara limita si masura. Stim ca pe acolo pe unde trece Invatatorul trebuie sa treaca si ucenicul. Poate o sa spuneti ca este prea greu pentru voi, ca va simtit striviti. Evident, caci Domnul ne depaseste, si ne depaseste in mod infinit. Ceea ce trebuie sa faceti este sa fiti constineti de aceasta incapacitate. Si, ati auzit rugaciunile, ca harul Sfantului Duh ne ajuta sa depasim neputintele pe care le avem. Si, cand spun ca ne ajuta sa depsaim neputintele noastre, inseamna ca trebuie sa ne punem in fata Domnului si sa-i spunem: "Doamne, lucreaza Tu. Nu voi fi eu un bun diacon, ci Tu vei fi Cel care va lucra prin mine diaconatul".

Si cand spuneam ca este o nebunie, este o fericita nebunie, si doresc ca ea sa se raspandeasca si sa se aprinda - aceasta nebunie intru Hristos - in toata lumea.

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Agapa cuvantului cu Parintele Marc-Antoine Costa de Beauregard

 


Dupa Sfanta Liturghie am iesit cu totii afara, bucurandu-ne de mangaierile razelui de soare, care a stralucit ca intr-o zi de primavara. Ne-am regasit cu totii nu numai la o agapa pregatita cu felurite bucate imbietoare ci, am avut bucuria de a ramane si la o agapa a cuvantului, cu Parintele Marc-Antoine Costa de Beauregard, care ne-a hranit sufleteste, simtind ca "nu numai cu pâine va trăi omul, ci cu orice cuvânt al lui Dumnezeu" (Luca 4, 4).

Din amintirile celor care au ascultat aceste cuvinte ale Parintelui, si care i-au pus intrebari, va vom impartasi, in cele ce urmeaza, doar cateva idei care au fost notate si organizate sistematic, pentru o prezentare mai facila. 

Despre rugaciune


Rugaciunea poate sa ne apropie de Dumnezeu dar poate sa ne si indeparteze. Un exemplu pentru aceasta putem gasi si in Pilda vamesului si a fariseului, unde vedem ca amandoi s-au dus la templu sa se roage, si cel ce s-a inaltat s-a smerit, iar cel ce s-a smerit s-a inaltat. Insa, un alt aspect care trebuie subliniat, este ca in rugaciune nu tehnica este importanta ci, mai presus de toate iubirea. Prin iubire de Dumnezeu se poate ajunge ca rugaciunea sa fie rostita dupa o anumita tehnica, insa prin tehnica nu se poate ajunge la iubire. Daca iubirea lipseste, tehnica nu foloseste la nimic.

Citind o carte despre Rugaciunea inimii si incercand sa o practice, dupa ceea ce a gasit acolo, Parintele a ajuns sa se concentreze foarte mult, spunand aceasta rugaciune, insa ea nu cobora in inima. Atunci el a intrebat mai multi Parinti despre lucrul acesta, si a inteles ca rugaciunea trebuie sa porneasca din iubirea pe care o avem catre Dumnezeu. Parintele Benedict Ghius a accentuat faptul ca trebuie sa fim foarte sinceri cand spunem rugaciunea.

Daca nu avem rugaciunea, trebuie sa o cerem neincetat catre Duhul Sfant, sa o primim. Iar Duhul Sfant este Cel care purcede de la Tatal, si pe care ni L-a trimis Mantuitorul, pe care-L primim prin Hristos. Si, deci, este important sa ducem o viata in Hristos.
 
Rugaciunea inimii nu inlocuieste implinirea poruncilor evanghelice. Trebuie mers cu toate, in acest urcus duhovnicesc. Insa rugaciunea este cea care naste nevointele si toate virtutile. Parintele Dumitru Staniloae, accentua faptul ca in centrul spiritualitatii ortodoxe este Rugaciunea lui Iisus. Ea este baza.

 Rugaciunea lui Iisus trebuie sa ne obisnuim sa o spunem, chiar daca nu avem povatuitor, insa mai bine este sa avem. Depinde insa de persoana cat timp poate sa se concentreze sa spuna aceasta Rugaciune. Sunt persoane care pot sa o spuna zece minunte si sa completeze cu Acatiste, cu Psalmi. Insa important este sa simti rugaciunea. De exemplu, daca spunem Tatal nostru, trebuie sa simtim ca Dumnezeu este Tatal nostru. Daca nu ai constientizat asta, nu trebuie sa treci mai departe de cuvantul "Tata", trebuie sa-l repeti pana iti intra in inima.
Scopul vietii noastre este de a ajunge, si cu ajutorul rugaciunii, la o dragoste asemenea celei aratate de Dumnezeu, iar aceasta este dragostea jertfelnica.
Dumnezeu este dragoste, El este Sursa dragostei, insa omul fiind creat "dupa chipul si asemanarea" Lui are in el sadita aceasta potentialitate de a iubi. Nu este el sursa in sine, insa este cumva "dupa Sursa". Putem spune ca omul a fost creat "dupa chipul si asemanarea" dragostei.

Iisus Hristos, prin spalarea picioarelor ucenicilor, ne-a arata cum sa evitam ispitele de-a dreapta si de-a stanga.

Despre poporul roman si spiritualitatea neamului romanesc

Poporul roman are o civilizatie care este impregnata de spiritualitatea sa, ortodoxa, inca de la nasterea lui. Romanii au fost ortodocsi cu zece secole inainte de rusi. La fel ca si georgienii, romanii au pastrat credinta ortodoxa neintrerupta, iar francezii sunt foarte recunoscatori romanilor pentru ceea ce au invatat din spiritualitatea neamului romanesc. In cultura franceza se simte lipsa elementului religios. 

Omul trebuie sa transfigureze creatia. De altfel, numai omul poate sa faca aceast lucru, ca veriga a lumii vazute si nevazute, iar ingerii nu au aceasta putinta. Un om care pastreaza legatura cu Dumnezeu, in tot ceea ce face, isi pune amprenta acestei legaturi. Asemenea se intampla si in cultura. Ori, cultura franceza a decazut si prin faptul ca s-a introdus un surogat al unei spiritualitati, si este impregnata de rationalism. 
Romanul mediu este un om religios, pe cand francezul mediu a pierdut acest lucru de acum doua-trei generatii.

Cateva aspecte din viata personala

Parintele Marc-Antoine a devenit ortodox inaintea Parintelui Placide. 

O perioada a fost foarte dificila pentru el, cand, fiind preot misionar, trebuia sa se ocupe de copiii care sufereau foarte mult in spitale. I se parea ca nu are sens sa puna "caseta" cu un discurs in fata lor, si ca se izbeste de lucruri care nu pot fi intelese intr-o logica umana. A inteles insa ce inseamna neputinta omeneasca si ca adevarata suferinta este a acestor copii, nu a lui, iar a merge si a incerca sa le alini suferinta, fie si prin cateva cuvinte, nu trebuie facut pentru a castiga un fel de bonusuri in Imparatia lui Dumnezeu - faptele bune nu se fac pentru noi -  ci, esential este de a impartasi iubirea fata de cel aflat in suferinta.

In Romania, dar si in Franta, a avut ocazia de a intalni mari Parinti duhovnici ai neamului nostru. Astfel l-a cunoscut pe Parintele Dumitru Staniloae, la Cernica, unde au fost inregistrate casetele convorbirilor celor doi, timp de o luna, si care a dat loc tiparirii cartii Mica dogmatica vorbita - dialoguri de la Cernica. Mai tarziu il revede pe marele teolog la Paris sau acasa, in Romania, si isi aminteste delicatetea cu care ii primea pe fiecare dintre cei care ii treceau pragul. Parintele Dumitru Staniloae vorbea franceza si, spre deosebire de Parintele Benedict Ghius povestea mai mult. In Romania Parintele Marc-Antoine l-a avut ca duhovnic pe Parintele Sofian Boghiu, iar de Parintele Paulin Lecca isi aminteste ca, atunci cand vorbea, avea lacrimi care curgeau siroaie din ochi. Neuitata a ramas si simplitatea remarcabila a Parintelui Paisie Olaru, care era ca un copil si pe care l-a cunoscut la Sihla cand, impreuna cu Parintele Cleopa Ilie dormeau pe jos pe niste piei de oaie. Pe Parintele Cleopa si-l aminteste cu acel chip frumos al taranului roman, care insa ii inspira o anumita teama. Toti acesti mari Parinti ai neamului nostru i-au ramas in inima ca niste repere si lumini in viata.
Intre romani Parintele se simte acasa, si ii place foarte mult ca tinerii romani sunt dornici de a cunoaste ortodoxia.


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Jean-Pierre Gerin - Repere biografice


1972 - La Pogorarea Sfantului Duh, asista la fondara comunitatii catolice de rit bizantin "Schimbarea la Fata", de catre diaconul Jaques Langhart, devenit mai tarziu Arhimandritul Jacob de la Manastirea Cantauque

1973 - devine membru al comunitatii "Schimbarea la Fata" 

1975 - August: Se casatoreste cu Françoise Klein, memebra a comunitatii
         - Noiembrie: Pleaca impreuna la Ain Karem in Israel

1976 - Se naste la Nazaret primul lor copil, Elisabeth
     - Intalnesc la Ierusalim pe Parintele Sofian Boghiu si fratii iconografi Morosan, Gavil si Mihail 

1977 - Se intorc in Franta 

1978 – Jean-Pierre incepe sa audieze cursuri, timp de patru ani, la Institutul Saint Serge la Paris
          - Incepe sa picteze si sa studieze iconografia cu Bernard Frinking,  ucenic al cunoscutului Leonide Ouspensky
         - Intalnirea cu Parintele Placide Deseille, care tinea conferite la Mongeron dupa Sfanta Liturghie
          - Indepartarea fata de comunitatea "Schimbarea la Fata" 

1981 - Familia impreuna cu cei 2 copii este primita in Biserica Ortodoxa prin ungerea cu Sfantul si Marele Mir, de catre Parintele Placide Deseille, la Manastirea Sfantul Antonie cel Mare din Vercors

1983 - 2012 - Profesor de fizica la colegiu si liceu

1983 - 2006 - Urmand sfaturile Parintelui Placide Deseille familia Gerin frecventeaza diferite parohii grecesti (apartinand Patriarhiei Ecumenice): Biserica "Sfintii Constantin si Elena" la Paris, unde slujea Parintele Andreas Fyrillas; Biserica "Buneivestiri" la Lyon si "Sfantul Gheorghe" la Grenoble.
In paralel familia Gerin isi deschide orizontul catre alte forme de expresie ale ortodoxiei, participand la Congresul anual al Fraternitatii Iustin Popovici unde intalnesc ucenici ai sfantului de origine sarba, deveniti mai apoi episcopi. In acelasi timp la Moulin de Senlis, Mongeron, aflat la sud-est de Paris, in fiecare luna merg la conferintele Parintelui Placide Deseilles la care participa ortodocsi din toate jurisdictiile.

1998 - Participa la hirotonia intru episcop a IPS Iosif la catedrala greaca "Sfantul Stefan" din Paris

2005 - In absenta unui preot in parohia greaca de la Grenoble, familia Gerin  se indreapta catre parohia romana unde sunt primiti de catre Parintele Catalin Cordos si decid sa devina membrii parohiei romanesti

2007-2013 - membru al Consiliului Asociatiei Ortodoxe Romane "Toti Sfintii" din Grenoble
                 - asigura cantarea psaltica in limba franceza, facand parte din strana Parohiei "Toti Sfintii"

2013 - Jean-Pierre pune bazele unui atelier de iconografie in Parohia "Toti Sfintii" cu binecuvantarea IPS Iosif, aflat in vizita pastorala la Grenoble

9 februarie 2014 - este hirotonit diacon